BIO

Édouard Thiébaud naît en 1923.
A quinze ans, entrée en apprentissage de bijouterie à l’Ecole d’arts appliqués (EAA) de La Chaux-de-Fonds/NE. Après son premier emploi, interrompu par la mobilisation de 1939, il fonde une bijouterie à La Chaux-de-Fonds avec deux associés, puis se met à son compte. Préparation de sa maîtrise professionnelle de dessin en 1951 et engagement comme maître de bijouterie-joaillerie à l’EAA en 1957.
Obtention d’un brevet spécial d’enseignement en 1960. Création du groupe Le Carré de sable en 1977 avec quatre autres artistes de la région. Production gravée, tirée sur une ancienne presse à bras au Musée des Beaux-arts du Locle. Plusieurs expositions, travaux et portfolios collectifs sont réalisés. Le groupe se sépare progressivement à la fin des années 80. 1983, première exposition personnelle au Locle.
1985, départ à la retraite. Il acquiert une maison au Petit-Martel et y installe un atelier. 1987, premier prix du concours organisé par le Musée International d’horlogerie de La Chaux-de-Fonds dans le cadre de l’exposition L’outil et la main avec la sculpture mobile Carrémanigance. En janvier 1990, la Galerie du Manoir de Nelly L'Eplattenierà La Chaux-de-Fonds lui consacre une exposition personnelle. Il vit mal cette expérience « commerciale ».
Édouard Thiébaud décède en 2010.
Méconnu aujourd’hui, le nom d’Édouard Thiébaud n’apparaît pas dans les bases de données spécifiques aux artistes suisses ni dans les catalogues reprenant les principaux artistes neuchâtelois du XXe siècle. Or, son oeuvre est considérable et s’étend des années 1950 à 2010, année de son décès. L’utilisation de la gravure et de la peinture le place dans une tradition classique, mais ses motifs le replacent dans une modernité et une actualité artistique en pleine mutation. À travers ses sculptures, la plupart mobiles, l’artiste - bijoutier de formation - nous livre sa vision en 3D enrichie par la représentation du mouvement ; elle est exprimée dans ses nombreuses gravures par des matrices successivement déplacées ou retravaillées au fil des tirages. Avec ses jeux de billes, c’est la dimension supplémentaire des sons qui s’ajoute. De même, l’humour et le ludisme font intégralement partie de son univers. Enfin, c’est le caractère du rêve et de l’inutile, du « sans but », qui permet au mieux de définir le corpus réalisé par Édouard Thiébaud. Les tapisseries réalisées par Denise Thiébaud et mises en parallèle à l’oeuvre originale de son mari permettent de mettre en évidence l’importance du couple dans la création, et de ce que Howard Becker appelle « le personnel de renfort ».
